Un nouveau projet renforcera nos actions sur le territoire du Parc Naturel des Hauts-Pays : le projet SOUS-TERR’HAINE !

Ce projet vise l’amélioration de la qualité de la masse d’eau souterraine des craies de la Haine, et initiera pour cela des démarches auprès de l’ensemble de la population : les agriculteurs, les communes, les PME mais également les particuliers.

Un nouveau projet : avec qui ?

Ce projet, financé sur une période de 3 ans (2020–2022) par la Société Publique de Gestion de l’Eau, est envisageable grâce à l’implication de plusieurs partenaires :

  • Le Contrat Rivière Haine porte le projet : La connaissance de l’ensemble des acteurs de l’eau, à tous les niveaux, en fait un opérateur de choix. La coordination et la concertation entre tous ces acteurs demande un savoir-faire qu’ils maîtrisent.
  • Le Parc Naturel des Hauts-Pays est un partenaire incontournable sur son territoire : les nombreuses interactions avec la population et les communes au travers de ses actions de sensibilisation et de restauration des bocages ne peuvent être que bénéfiques. Comme la partie la plus importante du projet se déroule sur leur territoire, un bureau délocalisé dans leur bâtiment a été mis à disposition.
  • Natagriwal est le partenaire par excellence pour avancer au mieux dans les volontés de verdissement englobés dans le projet. Son rôle est d’informer, de conseiller et d’encadrer les opérateurs dans la mise en œuvre du programme agro-environnemental et du réseau Natura 2000.
  • La Société Wallonne des Eaux (SWDE) a pour mission de produire et de distribuer une eau de qualité sur près de 200 communes wallonnes. Aboutir à une qualité de l’eau irréprochable est donc vital.  Ce faisant, la SWDE gère des zones de captage, des stations de pompage mais aussi des châteaux d’eau.  Ces zones peuvent également servir de poumon vert, en abritant des aménagements écologiques qui peuvent bénéficier à des espèces sensibles.
  • La Haute Ecole Provinciale de Hainaut – Condorcet, catégorie Agronomique, pourrait faire bénéficier les acteurs du projet de l’un ou l’autre stagiaire, tout en donnant un appui technique au niveau agronomique, rédactionnel ou cartographique.
  • A cela s’ajouteront plusieurs organismes de vulgarisation, de recherche et de conseil au gré des formations et actions entreprises.

Pourquoi un nouveau projet ?

Quatre constats justifient la mise en place de ce nouveau projet :

  1. Au niveau de la qualité des eaux, beaucoup reste à faire ! Adoptée en 2000 au niveau européen, la Directive-Cadre sur l’eau (DCE) avait comme objectif qu’en 2015, toutes les eaux européennes atteignent un bon état (http://eau.wallonie.be/spip.php?article1).  On est loin du compte.  En ce qui concerne la masse d’eau des craies de la Haine, il est prévu de restaurer en priorité son bon état chimique d’ici 2021 dans le cadre du deuxième plan de gestion wallon.  Ce sont prioritairement les nitrates, mais également les pesticides et les macro-polluants qui sont visés.
  2. Bon nombre d’organismes de conseil et d’accompagnement existent sur le territoire wallon. Toutefois, pour le volet accompagnement, les moyens humains sont souvent insuffisants.
  1. Au niveau des zones de captage d’eau, des terrains communaux ou encore des sites industriels, des espaces, sont gérés de façon classique : une tonte à ras périodique. Ces zones pourraient être gérées différemment, en améliorant le maillage écologique.  La même réflexion peut se faire au niveau des jardins des particuliers.
  2. Le service de protection civile de Ghlin a dû fermer ses portes suite aux restructurations. Ils possédaient, entre autres, une maîtrise d’intervention en cas de pollution.  Qu’en est-il des corps de pompiers présents sur le territoire ? Ont-ils le matériel requis ?  Et comme les bassins hydrographiques ne s’arrêtent pas aux frontières, qu’en est-il en cas de pollution en amont ? 

Les actions retenues :

La qualité de l’eau, c’est l’affaire de TOUS !

Ce projet se destine à l’ENSEMBLE de la population.

Le territoire d’action principal est le Parc Naturel des Hauts-Pays, mais rien n’empêche des actions au sein d’autres zones du bassin des craies de la Haine si des acteurs en manifestent l’intérêt.

Chez les riverains :

Tout le monde est concerné.  Vous pouvez tous apporter votre pierre à l’édifice :

  • Les habitations sises en zone d’épuration autonome devront fournir le plus gros effort. Des stations d’épuration doivent être posées.  Mais elles peuvent être de différents types.  Pourquoi ne pas envisager un lagunage ?  Pourquoi ne pas développer un projet collectif ?  Ce projet peut vous aider dans la démarche.
  • Vous voudriez maintenir des fermes de taille humaine ? Vous pouvez les aider en privilégiant l’achat local !  Directement à la ferme, ou en se contentant d’observer l’origine des produits achetés.
  • Un jardin, c’est chouette ! Mais avez-vous déjà considéré y laisser une place, selon sa surface, pour une chouette, d’autres oiseaux, des insectes, des batraciens ?  Minimisons les surfaces imperméabilisées, bannissons les pesticides au maximum, ne tondons pas toute la surface, laissons la haie se développer un peu plus (surtout en période de reproduction), installons une mare, …
  • L’eau, c’est l’or bleue de la planète. Ménageons-là : économisons, recyclons, polluons un minimum !

Comme vous le constatez, ce nouveau projet cadre parfaitement avec l’ensemble des actions du Contrat Rivière et du Parc Naturel des Hauts-Pays !

Chez les agriculteurs :

Les agriculteurs ont un rôle   primordial dans notre société : celui de produire notre nourriture.  Dans l’après-guerre, nous avons toutefois développé un système où la production prônait sur le bon sens, un système établi à grand renfort de pesticides et d’engrais chimiques où la nature devait s’effacer.  On est allé jusqu’à donner des primes pour arracher les haies !  N’attaquons pas nos aïeuls, la faim justifiait les moyens !

On a fait machine arrière et beaucoup d’améliorations ont déjà eu lieu, on raisonne déjà beaucoup plus sur les apports.  Mais entretemps, notre paysage a été fortement modifié : moins d’espaces naturels, de plus grandes parcelles, des rotations plus courtes, moins d’apports de matière organique, …

Actuellement, les agriculteurs se retrouvent avec des fermes difficiles à gérer, la rentabilité de l’agriculture d’aujourd’hui n’est pas proportionnelle à la taille des machines, loin de là !  Mais heureusement, des outils existent pour améliorer la situation sur le terrain, aussi bien d’un point de vue écologique qu’agronomique, tout en maintenant la rentabilité : les MAEC (ou Méthodes Agro-Environnementales et Climatiques).

Ce projet peut aider la profession à:

  • Renforcer le soutien et l’encadrement des agriculteurs :
    • faire le lien entre la ferme et les organismes de vulgarisation et de conseil ;
    • organiser des formations ;
    • analyser les possibilités individuellement, exploitation par exploitation (optimaliser l’utilisation des engrais de ferme, améliorer l’autonomie fourragère, insertion de MAEC, réduction voire suppression des problèmes de ruissellement, …).
  • Dans le modèle agricole « conventionnel », les applications pesticides demeurent souvent nécessaires. Leur application et la gestion des résidus sont de plus en plus contrôlées, à juste titre.  On peut étudier les situations pour voir quelle solution serait la meilleure au niveau de l’exploitation, éventuellement en mettant des outils en commun (biofiltres, …).
  • Introduire des techniques innovantes, analyser la rentabilité d’un investissement, considérer l’acquisition d’outils partagés.
  • Démontrer la rentabilité économique et écologique du renforcement du maillage écologique au sein des exploitations.

En collaboration avec les services communaux :

Les administrations communales ont des superficies importantes à gérer avec des budgets limités.  Dans cette gestion, nous pouvons contribuer à plusieurs niveaux :

  • Collaborer dans les prises de contact et les négociations avec les agriculteurs pour réaliser les aménagements requis afin de limiter les écoulements de boue sur le réseau routier (s’inspirant des recommandations de la cellule GISER) ;
  • proposer des gestions différenciées de certaines zones, pour créer des zones écologiquement plus intéressantes, en collaborant avec leur service environnement ;
  • être présent lors de manifestations publiques pour aider l’administration dans ses taches de sensibilisation et de vulgarisation ;
  • maintenant que les herbicides ont été bannis des espaces publics, d’autres modes de gestion doivent être trouvés et nous pouvons y contribuer. Tout comme dans la gestion des autres pesticides, car les herbicides ne sont pas les seuls à devoir être régulés. Comment ? Par exemple, en conscientisant les agents communaux sur l’impact de l’utilisation de pesticides sur les nappes d’eau et sur l’environnement en général et en les menant à étudier des alternatives possibles à tous les niveaux.

Sur les sites de la SWDE :

Les superficies gérées par la SWDE ne sont pas importantes, mais une gestion différenciée de petites surfaces peut créer des ilots de paix requis à la réimplantation ou au maintien d’espèces sensibles au sein des terres agricoles.  Autant exploiter en priorité ces zones et convertir des pelouses tondues périodiquement à ras sans grand intérêt paysager ni pour la biodiversité en zones diversifiées et attirantes.

Cela pourrait démontrer le bien-fondé de l’aménagement de petites zones et aider des PME et particuliers à se convaincre d’en faire autant.

Et auprès de l’ensemble des services d’intervention :

Améliorer l’état de notre environnement, c’est primordial.  Le préserver en cas d’accident, c’est indispensable pour ne pas risquer de voir tous les efforts annihilés à la suite d’un évènement malencontreux.

Nos cours d’eau ne connaissent pas de frontières.  C’est le cas pour le sous-bassin de la Haine dont près de la moitié de ses affluents sont situés en France.  Une pollution peut avoir des effets significatifs sur les zones en aval.  Aussi, en cas d’accident, les interventions se doivent d’être réfléchies au niveau du sous-bassin hydrographique de la Haine dans son intégralité.   Une collaboration transfrontalière est donc indispensable.

Au niveau belge, il faut s’assurer que les services d’urgence ont les équipements et les connaissances requises pour intervenir malgré la suppression de l’antenne de la protection civile à Ghlin.

L’établissement d’un protocole de crise est donc également compris dans ce projet et doit se développer sur l’ensemble du sous-bassin de la Haine.