Micro-projet Interreg « Entre 2 Ho »

//Micro-projet Interreg « Entre 2 Ho »

Micro-projet Interreg « Entre 2 Ho »

Entre 2 Ho consiste à la préservation et la restauration d’habitats et de niches écologiques en faveur de 3 espèces : le Cincle plongeur, la Mulette épaisse et la Truite fario, en intégrant une meilleure connaissance de celles-ci sur une rivière transfrontalière ; appelée la Grande Honnelle en Belgique et l’Hogneau en France.

4 partenaires ont collaboré sur ce micro-projet Interreg : Le Parc naturel des Hauts-Pays, le Parc naturel régional de l’Avesnois, le Contrat Rivière Haine et SyMEA.

Pourquoi une coopération transfrontalière ? Afin de définir conjointement des objectifs de restauration, mettre en place des actions globales, mutualiser les visions, les compétences et améliorer la qualité des réflexions.


Le défi transfrontalier du projet ‘Entre 2 Ho’ est donc de travailler main dans la main pour une gestion concertée de la rivière, avec des actions conjointes permettant l’amélioration de la qualité de l’eau et l’harmonisation des méthodologies d’inventaire en développant des outils et des référentiels communs. Les cours d’eau ne s’arrêtent pas de couler aux frontières et si l’on veut les préserver il est important d’échanger au-delà des limites administratives comme le permet le programme européen Interreg.

Avec le soutien du Fonds européen de développement régional.

Cincle plongeur – Cinclus cinclus

Cet oiseau, également appelé merle d’eau, vit dans les cours d’eau torrentueux. Il présente une forme trapue avec une queue courte, il est de couleur noire et brune avec un plastron blanc et un bec noir. Il s’agit du seul passereau capable de marcher sous l’eau afin de se nourrir de larves d’insectes, de mollusques et de crustacés présents dans le fond des cours d’eau ou sous les pierres. On l’aperçoit parfois volant au ras de l’eau de façon rapide et émettant des cris brefs. En période de reproduction, il construit un nid constitué en grande partie de mousses. Il utilise généralement les anfractuosités des ouvrages (vannages, murs, moulins, ponts, …) pour y installer son nid. Il se reproduit à partir de mars. L’espèce est fidèle à son lieu de reproduction et généralement un nid est utilisé pendant plusieurs années.

Truite fario – Salmo trutta fario

La Truite fario est un poisson farouche qui affectionne les cours d’eau rapides et bien oxygénés avec des fonds en graviers. On la reconnaît facilement aux tâches noires et rouges qui parsèment son corps. Les truites sont carnivores. Elles se nourrissent essentiellement d’invertébrés (insectes aquatiques, crustacés, mollusques, …) mais les individus les plus imposants chassent également d’autres poissons, et pratiquent parfois le cannibalisme. Elle est mature sexuellement à partir de l’âge de deux ou trois ans. La période de reproduction s’étale de novembre à janvier. On observe parfois à ces époques des individus en train de frayer dans des ruisseaux ou des zones riches en graviers.

La Truite fario est sensible aux pollutions, à l’artificialisation des cours d’eau mais également au colmatage de ses frayères par les sédiments (recouvrement des zones de graviers par des limons et de la matière organique).

Mulette épaisse – Unio crassus

Les 4 opérateurs de ce micro-projet inventorieront ce mollusque bivalve à l’aide d’aquascopes. La Mulette épaisse mesure de 5 à 9 cm et dispose d’une coquille épaisse de couleur brun foncé présentant des plages de couleur vert-bouteille, de forme ovale ou elliptique.

La Grande Honnelle/ L’Hogneau

La Grande Honnelle ou Hogneau prend sa source sur le territoire français, dans le bois Delhaye à La Longueville, à la limite de la forêt de Mormal.

Son parcours est long de 35.5 km. Cette rivière transfrontalière effectue une partie de son cours en territoire français et belge.

La superficie totale du bassin versant de 240 km2 dont les trois quarts se situent sur le territoire français. Le bassin versant s’apparente à un losange assez large pour sa partie amont et s’affinant vers l’aval.

De La Longueville à la frontière belge, la Grande Honnelle parcourt 17 km à travers le Bavaisis où elle reçoit de nombreux ruisseaux. Sa traversée de la Belgique s’effectue quant à elle sur 12.7 km.

Bilan des analyses physico-chimiques

Entre 2 Ho ayant pris fin le 30 juin 2019, les opérateurs du projet souhaitent présenter les premières conclusions de ces 18 mois de partenariat.

Synthèse des résultats de l’action 1 : analyses physico-chimiques de l’eau de la Grande Honnelle/Hogneau

Les résultats des analyses physico-chimiques peuvent déjà nous aider à comprendre l’absence ou la présence des espèces cibles. Les paramètres mesurés sont le pH, la conductivité de l’eau, la teneur en oxygène dissous, la température, la dureté totale ainsi que les teneurs en nitrates, nitrites, phosphates et ammonium. Dix points d’analyses en Belgique et dix points en France ont été sélectionnés par les opérateurs pour lesquels deux campagnes d’échantillonnage ont été réalisées ; en septembre 2018 et en avril 2019 soit en début et en fin de projet.

Avant de préciser les résultats des analyses physico-chimiques, il est important de souligner deux problématiques dont l’impact est non négligeable pour la biodiversité du cours d’eau. En France, l’Hogneau est fortement impacté par une pollution dès la source du cours d’eau. Des objets ferreux étant enterrés à proximité directe du cours d’eau, la rivière se charge rapidement en oxyde de fer, ce qui nuit fortement à la présence d’espèces comme la mulette épaisse ou la truite fario. La seconde source de pollution importante provient des carrières de Bellignies qui rejettent régulièrement des eaux chargées en sédiments, ce qui accentue le colmatage du cours d’eau. Ce colmatage provoque notamment une uniformisation du lit du cours d’eau, réduisant considérablement la diversité des habitats.

Les résultats concernant le pH de la Grande Honnelle montrent qu’il est plus élevé en aval, ce qui s’explique entre autre par la nature calcaire des roches en Belgique.

L’oxygène dissous est un paramètre très important pour la truite fario, qui est un poisson d’eau vive et qui demande donc une eau fraîche et bien oxygénée. La teneur en oxygène dissous d’un cours d’eau varie en fonction de la température, de la vitesse du courant ou encore de l’activité photosynthétique des végétaux. Les résultats sont favorables à la présence de la truite fario sur la majeure partie de la Grande Honnelle/Hogneau puisque les teneurs sont systématiquement supérieures à 5,5mg/l, seuil minimal pour la survie des truites. Ce n’est donc pas l’oxygène dissous qui expliquerait la difficulté pour la truite à se reproduire dans le cours d’eau.

En ce qui concerne la dureté totale, qui donne une appréciation de la quantité de sels comme le calcium ou le magnésium, elle est similaire en Belgique et en France mais plus faible sur les deux stations françaises en amont, proche de la source.

Concernant les teneurs en éléments qui pourraient être influencés par l’activité anthropique, on constate des concentrations relativement correctes en nitrites, nitrates, phosphates et ammonium. Directement liés à l’agriculture, les teneurs en nitrates sont plus élevées en septembre qu’en avril, ce qui s’expliquerait par les nombreux excédents d’engrais azotés et effluents d’élevage non prélevés par les cultures. Ces teneurs sont d’ailleurs plus élevées en aval de parcelles agricoles. Notons que nous n’avons pas relevé de grosses différences entre les teneurs en France et en Belgique, ce qui est assez logique au vu des occupations du sol semblables et des similitudes dans les pratiques agricoles des deux pays.

Pour ce qui est du phosphate, les teneurs sont plus importantes en aval des agglomérations, là où les rejets d’eaux usées augmentent fortement les concentrations. Là encore les résultants semblent assez similaires de part et d’autre de la frontière.

Nous conclurons en disant que les résultats de ces deux campagnes d’analyses physico-chimiques ne doivent pas nous amener à des conclusions hâtives pour expliquer les difficultés rencontrées par les espèces cibles du projet. Il est indéniable que les deux sources de pollution nuisent fortement à la présence de la Mulette épaisse, de la Truite fario et de macro-invertebrés dont se nourrit le Cincle plongeur. La pression anthropique est relativement importante de part les nombreux rejets d’eaux usées existants encore de part et d’autre de la frontière ainsi que par les pratiques agricoles. Retenons aussi que la Grande Honnelle/Hogneau présente un faciès favorable aux 3 espèces cibles du projet.

Synthèse des résultats de l’action 2

En ce qui concerne les trois espèces visées par le projet, les résultats sont assez mitigés. Néanmoins, les inventaires ne sont qu’une première étape dans le processus de protection de la truite fario (Salmo trutta), du cincle plongeur (Cinclus cinclus) et de la mulette épaisse (Unio crassus). Nous gardons bon espoir que les actions entreprises permettront d’augmenter les effectifs pour chacune des trois espèces.

Le micro-projet a mis en avant
une présence encourageante de la mulette épaisse sur le versant belge de la
Grande Honnelle. Malheureusement, celle-ci n’a pas été observée en France. Ceci
peut s’expliquer notamment par la qualité de l’eau en amont et le colmatage du
cours d’eau.

En ce qui concerne la truite
fario, les résultats sont plutôt décevants puisque 3 individus seulement ont
été répertorié en Belgique d’autant plus qu’il s’agit probablement d’individus
de rempoissonnement. En France, la qualité du cours d’eau ne permet pas la
viabilité de la truite fario à court terme.

Enfin, les observations de cincle
plongeur sont mitigées, aucun individu n’a été observé en Belgique mais bien en
France avec une observation encodée. En revanche, la colonisation de la vallée
de la Grande Honnelle dans les années futures n’est pas à exclure tant l’observation
française est relativement proche. Notons également qu’une seconde observation,
en Belgique cette fois, a été encodée à une quarantaine de kilomètres de la
Grande Honnelle.

Le micro-projet interreg Entre2Ho
nous aura donc été riche en enseignements, qu’ils soient positifs ou négatifs.
Les effectifs pour les trois populations sont réduits mais l’espoir reste
permis. La présence d’individus non loin et le potentiel avéré de la Grande
Honnelle nous encouragent à pérenniser les actions du micro-projet.

Opérateurs du projet.

  • En Belgique : Contrat Rivière Haine – Rue des Gaillers, 7 – 7000 MONS
  • En France : Maison du Parc de l’Avesnois – Grange Dïmière – 4, Cour de l’Abbaye – BP11203 – 59550 Maroilles

Contact

Par e-mail : entre2ho@gmail.com

• Par téléphone : +32 65 33 66 61 OU +33 3 27 77 51 60

By |2019-09-13T15:12:45+01:00avril 18th, 2019|Categories: Le patrimoine naturel|0 Comments