Bataille de Malplaquet

Les origines de cette bataille ?

La bataille de Malplaquet n’est autre que la guerre de succession de l’empire espagnol.

Cette guerre de succession opposa l’Angleterre, les provinces unies (Belgique et Pays-Bas) et l’Autriche d’une part, à la France, l’Espagne et la Bavière , d’autre part.

Ces conflits durèrent de 1701 à 1713 où fut signé le traité d’Utrecht qui mit fin à la guerre de succession espagnole et délimita nos frontières actuelles.

…A la paix de Rijswijk, en 1697, toute l’Europe en a assez de la guerre, elle espère en une joie de vivre enfin durable. Guillaume II d’Angleterre et Louis XIV font en sorte de se rapprocher. Charles II, roi d’Espagne, va pourtant, à son corps défendant, les séparer. Il est, en effet, très malade et cela n’échappe à personne. L’héritage est considérable.

C’est ainsi que les deux Monarques décident de résoudre ensemble le problème de la succession. Un premier traité de partage est établi en 1698, confirmé par la Hollande.

En novembre de la même année, ayant appris la chose, Charles II nomme le petit-fils de l’Electeur de Bavière pour héritier, mais ce dernier meurt le 6 février 1699.

La France et l’Angleterre concluent un nouveau traité le 3 mars 1700, mais Louis XIV traite également avec les Provinces Unies, le 25 mars.

L’Espagne, indignée, en réfère au Pape.

Charles II rédige un nouveau testament le 2 octobre 1700. Il est en faveur de son petit-neveu, petit-fils de Louis XIV, le jeune Duc d’Anjou, alors âgé de 17 ans.

Charles II décède le Ier novembre 1700.

En janvier 1701, l’Espagne fait un grand accueil à son nouveau Roi, Philippe V, en présence du Roi de France.

La couronne de France jointe à celle de l’Espagne irrite une grande partie de l’Europe qui craint une nouvelle guerre.

Cette crainte se justifie lorsque Philippe V conserve ses droits héréditaires à la succession du Roi Soleil.

Les premiers heurts militaires ont lieu dès le début de l’année 1701.

La constitution de la Grande Alliance de La Haye , le 7 septembre 1701, confirme bien la volonté des Alliés ; principalement, Anglais, Autrichiens et Hollandais ; de voir les Français évacuer la Belgique des Pays-Bas Espagnols.

Après plusieurs mois de vaines tractations de paix, c’est l’inévitable déclaration de guerre, le 15 mai 1702.

En 1708, les Alliers pensent envahir la France et aller dicter leurs conditions de paix à Louis XIV.

L’hiver se profile et ne présage rien de bon pour la France. On déserte en nombre l’armée tandis qu’en Europe des millions de gens, confrontés à des conditions terribles, meurent de faim, de froid et aussi du brigandage.

On abandonne les nouveaux-nés sur les chemins.

Tout manque bientôt, faute de finances notamment.

Les conditions de paix que voulaient dicter les Alliers, très dures et humiliantes, particulièrement celles de la Hollande et le slogan « Pas de paix sans l’Espagne », pousseront, finalement, Louis XIV à continuer la guerre.

En effet, les exigences des Alliés comportaient l’intolérable pour Louis XIV : devoir chasser lui-même son petit-fils du Trône Espagnol, si ce dernier prétendait y rester.

C’est ainsi que bien disposé à faire de nombreuses concessions, Louis XIV va s’adresser au Peuple et réveiller l’orgueil de la Nation.

…C’est au matin du 11 septembre 1709 qu’eut lieu l’une des plus meurtrières batailles du 18e siècle.

Dans les plaines calmes et paisibles de l’époque près de 200.000 hommes s’affrontèrent. Plus de 33.000 soldats y perdirent la vie (environ 22500 Alliés et 11000 Français).

La bataille de Malplaquet eut lieu en fait en grande partie sur les villages de Blaregnies et d’Aulnois ainsi que dans le bois de Sars.

Elle mit en présence des hommes restés célèbres dans l’histoire, tels les protagonistes Marlborough (côté Alliers), les maréchaux de Villars et Boufflers (côté français),  le prince Eugène de Savoie, etc..

Le maréchal de Villars dispose d’environ 60 à 70.000 hommes dont beaucoup sont de nouvelles troupes. En face, l’armée des alliés commandée par le Prince Eugène et par le Duc de Marlborough qui compte dans ses rangs plus de 100.000 soldats.

Depuis plusieurs jours, le maréchal de Villars, qui suit la progression de l’ennemi, met tout en œuvre pour éviter ce siège sur Mons. C’est ainsi que les groupes se retrouvent dans la lisière entre le bois des Lasnières et le bois de Sars.

Le 11 septembre 1709, après que le brouillard se soit dissipé, les positions Alliées apparaissent à la vue des Français. Vers 7h30 du matin, les deux armées se voient et c’est l’affrontement. Chacun lance ses bataillons. Les canons tonnent. C’est un véritable massacre. Les vagues d’assaut se suivent. Sitôt un bataillon décimé, un autre prend sa place. Au bout d’à peine trois heures, la moitié de l’infanterie est au sol.

C’est vers la fin de la matinée que tout bascule.

Le maréchal de Villars est blessé, une balle lui brise le genou. Il est rapidement soigné, mais l’hémorragie est trop importante. On l’évacue vers Le Quesnois. Il est remplacé par le maréchal Boufflers qui décide de lancer la cavalerie.

La bataille est incertaine et la mêlée indescriptible. Les Anglais répliquent avec leurs canons. Chevaux et cavaliers tombent en masse. La terre se rougit de sang sur ce que l’on appellera plus tard « le champ des boudins ».

En fin de journée, le maréchal Boufflers fait sonner la retraite de l’armée.

Celle-ci se fait en ordre parfait, sans précipitation, vers Valenciennes, Bavais, Le Quesnoy, Maubeuge pour objectifs principaux. Les Alliés ne cherchent pas à la harceler.

Les Alliés sont maîtres de la plaine de Malplaquet.

Les combattants sont exténués. Le spectacle des milliers de morts et de blessés ne remplit pas de joie Marlborough ni le prince Eugène.

Les blessés Alliés furent emmenés dans les fermes les plus proches, notamment celles du Court Tournant, de Lombray, de Névergies,…

Soignés sur place et avec les moyens de l’époque, bon nombre d’entre eux périrent dans les jours qui suivirent.

Les Français ne purent venir chercher les leurs que trois jours après la bataille.

Les morts Alliers furent ensevelis dans une fosse commune au lieu dit « pré des Anglais », une autre à Noirchain dont le monticule est encore visible de nos jours (carrefour de la Mort , le monticule à gauche du carrefour). Cette fosse a été appelée « Fosse à cats » sans doute parce que les chats étaient attirés par l’odeur des cadavres.

Cette bataille, qui devait une bonne fois pour toute décider du sort de la paix en faveur des Alliés et chasser Philippe V du Trône d’Espagne, va finalement amener la division de ceux-ci dans le temps, conduire Marlborough vers la disgrâce, imméritée certes, et prolonger la guerre d’encore 3 longues années.

Une chanson prend corps et, pour l’heure, les Alliés se dirigent vers Mons.

Les négociations de paix vont reprendre, mais la donne, déjà, a changé. Les Alliés s’en cache encore, mais ils le savent.

Au-delà des erreurs tactiques décriées à tort ou à raison, propres à toutes batailles ; d’un orgueil se satisfaisant de peu ; d’un espoir lié ai fait d’être convaincu d’avoir gagné la bataille, donc la guerre ; d’en avoir imposé à l’adversaire ; qui, véritablement, peut dire être le vainqueur du 11 septembre 1709?

La réponse n’est-elle pas simplement liée au fait que Philippe V va rester, à vie, au Trône d’Espagne… 

Pour plus d'informations: Musée du 11 septembre 1709 Bataille de Malplaquet

Contact: Mr BARBERA
6 rue des Juifs
59570 BAVAY

Tél: 06 13 91 37 84

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