Le territoire du Parc naturel des Hauts-Pays bénéficie d’une richesse paysagère et patrimoniale intéressante.  C’est pourquoi il se doit de veiller à un développement harmonieux de son territoire.  Pour ce faire, il travaille sur diverses actions : valorisation et respect du patrimoine paysager et bâti de la région, charte paysagère, remise d’avis d’urbanisme.

La région des « Hauts-Pays » est un plateau légèrement bombé qui constitue la ligne de partage des eaux entre les vallées de la Haine et de la Sambre.

L’altitude moyenne du plateau se situe autour de 100-120 mètres. La zone la plus élevée (135 à 155 mètres) est celle d’Aulnois, la plus basse (30 à 50 mètres) est celle de Petit-Baisieux – Audregnies. On observe une pente aiguë vers le Nord et l’Ouest (vers les vallées de la Haine de la Honnelle) et vers l’Est (vers la dépression crayeuse de Givry – Harmignies. Le relief de la partie centrale du Parc naturel est assez plat. Toutefois, il devient mollement ondulé dans la partie qui entoure le bois de Sars-la-Bruyère et franchement encaissé sur des tronçons des vallées de la Grande et de le Petite Honnelle ainsi que celle des ruisseaux du Bracquemart et de la Trouille.

Dans l’ensemble, les grands traits dominants du Parc sont les grandes zones de culture sur le plateau, les parties plus bocagères (en général autour des villages et hameaux), à quelques exceptions près peu de parties boisées et un habitat rural typique. Dans sa plus grande partie, à l’Ouest du bois de Colfontaine, il reste quasi inchangé depuis le 18ème siècle (dans la région de Honnelles). Au centre et à l’Est du Parc, les modifications sont plus sensibles (déboisement, urbanisation, …).

Le paysage du Parc est typiquement agricole, il est majoritairement représenté par de grandes zones de culture des plateaux ou des vallons présentant très peu d’éléments singuliers (les arbres isolés ou en boqueteau, les alignements de saules ou de peupliers, les bois sont quasi inexistants). Le Parc présente également des zones à caractère bocager par l’existence d’éléments singuliers (arbres, bouquets et alignements d’arbres, boqueteaux, haies basses et hautes) ponctuant ces prairies de pâturage (rarement de fauche) ou imbrications de prairies et de cultures qui sont autour des villages. Certains de ces villages ont gardé un caractère rural quasi intact, d’autres ont, par contre, été fortement modifiés après la guerre et ont d’ailleurs à peu de choses près perdus leur charme. En outre, notons que de nombreux petits ruisseaux existent (presque tous orientés S – N). Ils ne sont pas toujours très visibles mais se devinent par le relief, localement encaissé, par les prairies et la végétation, qui occupent les fonds de vallées larges et très peu marquées du Parc.

Enfin, le Parc naturel des Hauts-Pays possède une valeur paysagère élevée de par l’absence de dégradations importantes du paysage. En effet, il n’y a sur le territoire ni grandes voies de communications, ni zonings industriels, ni lignes à hautes tensions. Des éoliennes sont cependant présentes et impactent les paysages.

Délimitation des aires paysagères au sein du PNHP

La Région wallonne est découpée en 13 ensembles paysagers aux caractéristiques semblables. Le Parc naturel  s’intègre dans deux ensembles : Ensemble de la plaine et du bas-plateau limoneux hennuyer et pour une infime partie dans l’Ensemble de la Haine et de la Sambre. CPDT, Les territoires paysagers de Wallonie, Namur 2004.

 

Le Parc naturel des Hauts-Pays est concerné par deux ensembles paysagers. Il s’agit pour la majeure partie du Parc de l’ensemble de la plaine et du bas-plateau limoneux hennuyer, mais une faible portion du parc est reprise dans l’ensemble de la Haine et de la Sambre.

Selon leurs relief, leur occupation du sol, et les caractéristiques de l’habitat, ces ensembles sont découpés en territoires. 

 

L’aire paysagère est définie comme une portion de territoire paysager dont le paysage présente une spécificité par rapport à celui généralement observé ailleurs dans le territoire. Elle présente des caractéristiques paysagères homogènes (géomorphologiques : relief, hydrographie, …) et/ou engendrées par les activités humaines (cadre bâti, tissu industriel, infrastructures routières, …). Les aires paysagères sont globalement définies par des limites visuelles imperméables (le paysage étant constitué d’une succession de limites perméables, semi-perméables et imperméables).

Certaines aires paysagères sont été sous-découpées en entités. C’est le cas par exemple de l’Aire du plateau agricole des Hauts-pays, qui comprend trois entités : Sars-la-Bruyère, Bois de Colfontaine, du Temple et de Blaregnies et enfin Plateau de Blaugies.

L’aire des terrils est constituée de petites enclaves à la limite nord du Parc naturel. Les vues paysagères y sont dominées par la présence de larges parcelles cultivées, et des terrils en arrière-plan, témoins de l’industrialisation passée de la région.

L’aire des deux Honnelles est située à l’extrémité Ouest du Parc naturel et longeant la frontière française, cette aire paysagère présente des paysages ouverts dominés par les champs, bien que les bosquets situés sur les versants offrent des vues variées.

Sur le plateau central du Parc naturel, l’aire paysagère du  plateau agricole des Hauts-Pays fait la jonction entre l’aire des deux Honnelles et celle du Bassin de la Trouille. Promontoire primaire surélevé, constitué de sols limoneux à drainage naturel modéré ou imparfait.

Située à l’extrémité Est du Parc naturel et au Sud de Mons, l’aire paysagère du bassin de la trouille présente des paysages ouverts dominés par les champs, laissant de larges vues ouvertes vers la compagne montoise. Sols limoneux à drainage naturel faible, sols limono-caillouteux à charge crayeuse et à drainage naturel favorable.

La réalisation d’une charte paysagère

La Convention Européenne du Paysage (Florence, 2000) a défini les paysages comme étant « une partie du territoire tel que perçu par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations ».

Cette définition remplace le citoyen au centre de la gestion des paysages : il influe dans leurs évolutions par tous ses actes du quotidien.

Le parc naturel est en train de réaliser sa charte paysagère, un document qui a pour but de caractériser les paysages, de décrire leur évolution dans le temps ainsi que de pointer leurs atouts et faiblesses.  De par cette identification, des objectifs sont définis afin de préserver, gérer et valoriser (ou même revaloriser) le paysage.  Une charte paysagère est donc un outil d’aide à la gestion du territoire, une sorte de « contrat » établi sur base volontaire en concertation avec les acteurs locaux.  Réalisée à l’échelle du Parc naturel, elle permet une gestion plus cohérente du paysage sur tout son territoire.

Pour l’élaborer, il est donc indispensable de réaliser un diagnostic du territoire étudié. Celui-ci est divisé en trois parties :

  • L’analyse descriptive. Elle a pour but d’identifier des territoires et aires paysagers qui mettent en évidence les principales caractéristiques du passé. Elle permet également de mettre en évidence certaines dynamiques observées au sein du Parc.
  • L’analyse évolutive qui aide à comprendre les changements fondamentaux du paysage. Elle porte essentiellement sur l’étude de la comparaison de cartes telles que celles de Ferraris (fin 18ème siècle), de Vandermaelen (milieu 19ème siècle) avec les cartes IGN actuelles.
  • L’analyse évaluative tente de critiquer l’état des lieux du paysage (ainsi que les éléments qui le constituent) afin de repérer les problématiques et les atouts spécifiques à chacun des territoires étudiés. Cette évaluation permettra de cerner les enjeux paysagers qui se posent.

Une fois le diagnostic réalisé, une série d’enjeux sont définis. C’est à partir de ces enjeux que les recommandations sont dégagées. Elles permettent à leur tour de déterminer une série d’actions concrètes à mener sur le territoire pour préserver et valoriser au mieux nos paysages.

A ce jour, notre Parc Naturel en est à la définition des recommandations.

Pour participer à la rédaction de cette charte, divers balades paysagères sont organisées en été. Des réunions permettent également d’échanger sur les paysages au sein du parc. N’hésitez pas à consulter les actualités sur le site internet ou à contacter Roxane Gossart (065/46.09.38 ou r.gossart@pnhp.be) pour plus d’informations.

Enfin, ce document édité par la Fédération des Parcs naturels de Wallonie vous donnera une bonne idée de l’outil « charte paysagère ».

La valorisation et la sensibilisation au patrimoine paysager

Le Parc naturel veille à assurer la valorisation des principaux éléments du patrimoine bâti de sa région, grâce à divers moyens (site Internet, page instagram, réseaux sociaux, brochures, organisation et soutien d’évènements, …). Il organise annuellement un concours photo.  Les 2 premières éditions ont été dédiées aux paysages des 6 communes du territoire. La 3ème, à l’humain au cœur du PNHP et la 4ème à l’eau. Ces photos sont ensuite reprises dans un calendrier.

Quelques photos de la richesse de notre patrimoine bâti et paysager :

 SCATU

La mission de la Sous-Commission de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme (SCATU) du Parc naturel des Hauts-Pays est de veiller à protéger le paysage du Parc naturel et ce, par souci d’intégration des constructions nouvelles ou des transformations projetées tant au cadre bâti existant qu’à son environnement.

La SCATU est composée de citoyens (domiciliés dans les limites du Parc naturel) intéressés par la préservation du patrimoine rural et architectural de nos villages.

Ses membres se réunissent, une à deux par mois, selon l’importance et le nombre de dossiers à examiner, pour analyser les dossiers de demande de permis d’urbanisme et d’environnement transmis par les communes et la Région Wallonne. Elle leur transmet les remarques qui lui paraissent nécessaires pour que les constructions nouvelles ou transformées s’intègrent parfaitement tant sur le plan architectural que paysager.

L’avis que transmet notre Sous-Commission, peut être soit :

  • favorable, dans ce cas, le projet s’intègre dans le contexte bâti et non bâti,
  • favorable sous condition(s),
  • défavorable avec motivation.

Cet avis, n’impose donc rien directement au candidat bâtisseur ; il n’a pour objet que d’orienter la décision communale ou celle du Fonctionnaire délégué (Directeur Régional de l’Urbanisme) dont les positions sont impératives ou décisionnelles.

Notre Commission n’a donc pas pour ambition de remplacer les autres instances d’avis dans leur mission respective. Elle se veut toutefois attentive, en fonction des compétences de ses membres, à une bonne gestion des dossiers qui lui sont présentés.

Bilan de 2019 : 14 réunions ont eu lieu, et 171 dossiers ont ainsi pu être analysés.

Envie d’en savoir plus ?

Le PNHP vous propose une brochure explicitant le rôle de notre SCATU (Sous-Commission de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme) et ce qu’elle peut apporter aux citoyens et aux communes.

Cliquez ici pour la télécharger.

Partenariat avec les CCATM des communes du Parc

Fort de son partenariat avec la Maison de l’Urbanisme du Hainaut, le Parc naturel rencontre les Commissions Consultatives Communales de l’Aménagement du Territoire et de la Mobilité des communes, et leur propose des formations et animations tant sur l’aménagement du territoire que sur la sensibilisation aux paysages.

 

 

Retrouvez les différents paysages d’intérêt sur cette carte